Partir et revenir : je suis une salariée boomerang

Mar 12, 2020

Tu connais la chanson ? Ça s’en va et ça revient … lalalala !

 

Si tu veux tout savoir, je suis quelqu’un de loyal. En amour, en amitié, et aussi dans le boulot. Bien sûr, comme tout le monde, certaines situations ne me conviennent pas. Du coup, je râle (beaucoup) mais j’essaye toujours de réfléchir à comment améliorer les choses pour me sentir bien. Par contre, le jour où je prends la décision de m’en aller, c’est définitif. Sauf cette fois-ci.

Pour faire simple et synthétique, je t’expose en 4 lignes le pourquoi du comment du départ ET du retour. J’ai démissionné de Capgemini en 2018 (alors que j’y avais passé 6 ans) pour rejoindre une autre société (qui m’avait chassée pour un poste à responsabilité) et un an plus tard, j’étais (déjà) de retour parce que la fameuse évolution ne me correspondait finalement pas tant que ça. Surprenant ? Pas vraiment ! Il parait que les “salariés boomerang” (c’est comme ça qu’on nous appelle) sont de plus en plus nombreux. J’avais envie de te partager ma récente expérience et de te donner les clés pour que le come-back se passe bien !

Au risque de te décevoir, dans cet article, tu ne trouveras pas de théories sur le profil type des salariés boomerang (s’il y en a un !), ni d’exposé de chiffres sur le turnover, l’offboarding, etc. Non pas que ça soit inintéressant, bien au contraire, mais ce que j’ai voulu partager ici c’est un simple retour d’expérience.

Les 3 surprises que je n’avais pas anticipé à mon retour 😳

1. Me retrouver dans la peau de la petite nouvelle / ancienne

Avant de démissionner, j’étais l’une des plus anciennes recruteuses de l’équipe, avec presque 6 ans d’ancienneté au compteur. Souvent, j’étais sollicitée pour aider, répondre aux questions parce que j’étais “celle qui sait puisqu’elle est là depuis longtemps“. Après mon retour, je suis devenue la petite nouvelle, inconnue au bataillon. On ne me sollicite plus pour telle ou telle question, et quand spontanément je dis “ah, ça je sais … blablabla“, on me répond “ah, mais oui, c’est vrai, tu étais là AVANT“. Parfois, j’ai l’étrange sensation que tout ce que j’ai pu accomplir pendant 6 ans a été balayé d’un revers de la main.

2. Devoir refaire mes preuves

Justement, nous y sommes. La claque. L’une des “répercussions” que j’avais le moins prévue, c’est celle de devoir refaire mes preuves. Même si certains connaissent ta valeur, en partant, tu remets le compteur à zéro. Après, entre toi et moi, c’est aussi une question de point de vue (perso, je me mets toujours la barre haute) et de comment tu transformes cette “épreuve” en coup de boost. Ça dépend aussi du poste que tu occupes à ton retour, du service, de l’équipe. BREF, le contexte joue beaucoup. Et puis, il y a aussi ta façon de voir la chose. Tu peux te dire que ça n’est pas juste OU tu peux dépasser ce blocage et te dire que c’est une super opportunité pour repartir d’une feuille (presque) blanche. Personnellement, c’est ce que j’ai fait. Au lieu de me focaliser sur le négatif, je m’en suis servie pour faire encore mieux et démontrer que l’année passée dans une autre société, m’avait fait grandir et que j’avais développé d’autres qualités et compétences utiles sur mon poste actuel.

3. Les autres ne sont pas forcément prêts à te revoir

Ici, je vais te raconter une anecdote vécue à mon retour. Dans les 1ers jours de mon comeback, je vois des têtes connues à la machine à café qui, très surprises, m’interrogent : “Mais tiens, quelle bonne surprise, qu’est ce que tu fais là ?“. Avec le sourire, je réponds : “Et bien, je suis de retour“. Silence. Gros silence, suivi d’un “Ah, tu nous fait marcher, sérieusement pourquoi tu es là ?“. Et moi qui réponds : “Oui je suis très sérieuse, je reprends vraiment du service“. Bon, je vous passe les dizaines de questions qui s’en suivent (tu bosses pour quel service ? tu as pris quel poste ? pourquoi tu es revenue ?…). Cette anecdote est assez drôle au final. La surprise et la curiosité des autres sont tout à fait légitimes mais elles peuvent être déstabilisantes. En ce qui me concerne, je n’étais pas prête à répondre au flot de questions que mes anciens / nouveaux collègues m’ont posé. Heureusement, ça n’a pas duré. Finalement, au bout d’un moment, la nouveauté disparaît et tu fais à nouveau partie des mûrs !

Les 3 Tips que je peux te donner pour que ça matche 🤗

1. Toujours partir en bons termes

Ni toi, ni moi ne connaissons l’avenir. Tu peux en avoir vraiment marre de ta société, ne plus supporter tes collègues, ou juste avoir envie de changement. Les raisons pour lesquelles, à un moment donné, tu prends la décision de partir t’appartiennent et elles sont généralement le fruit d’un long processus de réflexion. Au final, je le constate dans le milieu du recrutement (mais ça doit être partout pareil), peu importe pourquoi tu pars, juste : pars comme il faut. J’entends par là : soigne ta sortie. Ne déballe pas tous tes ressentiments et tes rancœurs en public, ne rabaisse pas Jean-Mi ton manager insupportable, ne te désinvestis surtout pas. Fais ton travail, jusqu’au bout dans de bonnes conditions et avec le bon état d’esprit. Explique de façon constructive à ton N+1 ou à ta direction les raisons de ton départ, n’hésite pas à donner ton feedback sur les éléments positifs et les axes d’amélioration de ton passage ici. Evidemment, sans te mentir, une fois que tu annonces ton départ officiellement, les rapports ne seront plus les mêmes. Ceci étant dit, tu ne dois rien avoir à te reprocher. 

2. Prépare toi à ce que les choses aient évoluées en ton absence

Souvent, on donne la métaphore du train en marche. Et c’est vrai ! Que ton absence dure 1 an ou 5 ans, c’est un fait, les autres ne t’attendent pas pour avancer. Tu vas garder en tête certains automatismes, certaines habitudes et vite déchanter en revenant car tu ne reprendras pas nécessairement ta place (quelqu’un d’autre l’occupe certainement), et si tu prends une nouvelle place dans le cadre d’une évolution, tes anciens repères ne te serviront peut-être pas. Les têtes auront changées, parfois les bureaux ou les locaux, les processus, les outils, bref, tu auras l’impression de tout reconnaître mais tout sera pourtant différent. Ça n’est pas grave ! Il faut juste que tu y sois préparé.

3. Dose le “je connais déjà la boite” et le “je démarre une nouvelle aventure” !

En démarrant une nouvelle aventure professionnelle, on ressent plein de choses mais surtout de l’enthousiasme et de l’excitation. Ce sont des émotions très positives et sincèrement, je pense que ce sont des points clés à garder en tête quand on fait le boomerang. Quand c’est nouveau, on a envie de démontrer que la confiance accordée est méritée, on se donne à 200% (attention, je ne dis pas qu’on ne reste pas motivé après, mais le mindset au démarrage d’un nouveau projet est très particulier, c’est un booster). En parallèle, on peut être tenté d’être très sûr de soi car on connait déjà la boite, l’équipe, le job, etc. Un excès de confiance peut jouer des tours. Le tips que je peux donner c’est vraiment de savoir doser l’expérience acquise avant le départ ET les émotions très positives ressenties à l’idée d’entamer une nouvelle aventure. Il faut savoir rester humble, se positionner non pas comme le super-sachant mais comme la personne qui est à l’écoute, prête à recevoir les conseils des autres, et hyper motivée pour relever de nouveaux challenges.

Le bilan après 6 mois 🎈

Positif !

Pour parler sans filtre, je suis une éternelle insatisfaite. Je travaille dur sur ce point là, sur la gestion de mes émotions, sur le fait de positiver mes pensées et de faire preuve de gratitude pour tout ce qui m’arrive de bien. Forcément, il y a des choses dans mon retour qui ne me plaisent pas, et dont je me serais bien passée. Loin de moi l’idée de vous dire que tout est fabuleux. Mais c’est aussi ça, faire partie d’un système. Il faut accepter les règles du jeu et il faut savoir peser le pour et le contre, savoir se poser et faire le bilan. Aujourd’hui, je dois reconnaître que j’ai davantage gagné à avoir fait le boomerang que si je ne l’avais pas fait. C’est une expérience qui m’a énormément apporté, et pour ça, je suis pleine de gratitude 🙏🏻.

Si je devais citer 3 choses positives, en particulier, sur mon retour ce serait :

  • La collaboration avec ma remplaçante (qui est vraiment top !)
  • La création d’une nouvelle place (car mon poste est différent)
  • La vision du chemin parcouru (je suis plus confiante en l’avenir)

Et vous, avez-vous déjà fait le salarié boomerang ? 

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3 Commentaires

  1. Nadia Lessard

    Merci pour ce partage d’expérience. Un mot qui est valable pour les “boomerangs” ET pour les nouveaux embauchés: jamais d’arrogance, ce défaut ne passe dans aucun moule et en toute logique, nous exclue des nouveaux collègues qui se comportent alors comme le chat qui voit arriver un autre animal dans ses gros sabots : dos ronds, tous crocs dehors, prêt à déchiqueter 😆👍👍

    Réponse
    • Happy_Recruteuse

      Heureuse que ce REX t’ai plu Nadia 🙏🏻.
      Je suis entièrement d’accord avec toi : l’arrogance est un poison, mieux vaut faire preuve d’humilité ☺️

      Réponse
    • Vanoverveld

      Merci

      Réponse

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