1ers pas de Recruteur en ESN : 5 conseils pour survivre

Avr 30, 2020

 

Tu as décroché un job de recruteur en ESN. Bravo 👏🏻! Le démarrage a eu lieu récemment ou c’est pour bientôt et tu te poses un milliards de questions. Est-ce que tu as fait le bon choix ? Est-ce que tu vas te plaire sur ce type de poste OU dans ce genre d’entreprise ? Et puis, tu te demandes si tu seras à la hauteur ? Bref, que ce soit sur un poste de recruteur ou pour n’importe quel job, avoir des appréhensions avant de commencer est quelque chose de normal. Je te livre ici les 5 conseils que j’aurais aimé recevoir il y a 10 ans en démarrant ma carrière de recruteuse (on ne se moque pas des personnes âgées 😂!).

✳️ Focus sur le monde des ESN 

Une ESN est une Entreprise de Services Numériques. Avant, on les appelait des SSI pour Sociétés de Services Informatiques. Ce sont des sociétés qui font de la prestation de services. Autrement dit, elles recrutent en CDI des ingénieurs informatiques (je schématise au maximum car les métiers sont + diversifiés que ça !) qui interviennent en prestation chez des clients pour des missions de plus ou moins longue durée (on peut parler en semaines comme en années).

Les ingénieurs peuvent être détachés dans les locaux du client ou bien travailler depuis les locaux de l’ESN ou encore en télétravail. L’ESN facture le travail des ingénieurs à la journée, et entre deux missions, le collaborateur est en situation d’intercontrat. Cela veut dire qu’en attendant de démarrer un nouveau projet, son contrat de travail est maintenu (car CDI), et en règle général, il se voit délivrer des formations sur ce temps là.

Il existe des ESN de toutes tailles réparties sur la France entière, certaines plus anciennes que d’autres. L’intérêt pour le collaborateur c’est de pouvoir intervenir sur différents projets et dans plusieurs secteurs d’activités. En résumé, c’est un accélérateur de parcours et parfois un tremplin car des ingénieurs peuvent se faire recruter par le client final grâce à la mission réalisée en ESN.

⚠️ Les ESN concentrent aussi beaucoup de dérives et de discours négatifs. Tu dois t’y préparer car beaucoup de candidats ne donneront pas suite à tes sollicitations, au simple motif que tu représentes une ESN. Parmi les joyeux qualificatifs que j’ai pu entendre, tu as “marchand de viande“, “boucher“, “éleveur de poulets en batterie“. Tout n’est pas rose dans ce milieu, c’est certain, mais comme partout. A toi de te faire ta propre idée. Si ça t’intéresse, je t’invite à lire cet article “Etre un Bisounours en ESN : challenge accepted“.

Voici, sans plus attendre, les 5 conseils que je te donne pour tes 1ers pas en ESN ⬇️:

  1. Apprends à parler le même langage
  2. Comprends le fonctionnement de ta boite
  3. Crois en ce que tu racontes
  4. Investis-toi et préserves-toi
  5. Le réseau est la clé

👾 Apprends à parler le même langage

Tu vas intégrer une entreprise qui a ses codes, ses valeurs, sa vision, ses collaborateurs et aussi son propre langage. Tu vas y retrouver des termes nouveaux (acronymes, anglicismes, raccourcis en tout genre). Au début, ce sera déstabilisant et tu auras probablement l’impression de ne pas parler la même langue.

Lors de ma 1ère expérience, je me souviens par exemple avoir été surprise (choquée 😳) que l’on n’appelle pas les gens par leurs prénoms mais par leurs “trigrammes” (en général la 1ère lettre du Prénom et la 1ère/2ème lettre du nom de famille ➡️ exemple pour Bérangère Gonzalez, ça donne BGO) pour gagner du temps (comme si dire BGO à la place de Bérangère était révolutionnaire ⏱💵…). Bref, autant te prévenir, tu entendras des termes comme :

  • ASAP ➡️ As Soon As Possible (dès que possible, “dépêche toi !!!!!!!!!”)
  • Conf Call ➡️ Conférence téléphonique
  • Propale ➡️ Proposition
  • Dans le pipe ➡️ Dans les tuyaux (en cours, sous la main)
  • Brainstormer ➡️ Réfléchir à plusieurs
  • Corporate ➡️ L’esprit d’entreprise
  • Débriefer ➡️ Faire le point
  • Forwarder ➡️ Transmettre quelque chose (en général un mail) à quelqu’un
  • One-to-one ➡️ Point individuel
  • Switcher ➡️ Intervertir
  • Workshop ➡️ Séminaire ou réunion de travail collective
  • CODIR ➡️ Comité de Direction
  • Challenger ➡️ Défier quelqu’un d’atteindre un objectif
  • Deadline ➡️ Date limite
  • KPI ➡️ Key Performance Indicators (les indicateurs clés de performance)

Entre deux couloirs, Michel, ton manager, te lancera un : “Hey, BGO, je sors d’un conf call avec le client, je te débriefe en 2 mots, il faut que tu lances ASAP un sourcing Java, tu me dis si t’as des candidats dans le pipe à propaler. Deadline, dans 2H, sinon on perd la presta” 😂!

Au début, tu n’y comprendras rien, c’est NORMAL 👍🏻. Petit à petit, tu vas intégrer ces termes et même les ressortir aux petits nouveaux, comme si de rien n’était. Tu vas gérer 👌🏻 ! Blague à part, si tu ne comprends pas quelque chose, dis-le. Pose des questions. Prends des notes. Les gens ne font pas exprès de parler comme ça, ils ont simplement intégré ces termes et les ressortent par mimétisme puis automatisme. Ils ne se rendent pas compte que pour toi, qui est nouveau, ça ne fait pas sens.

🖥 Comprends le fonctionnement de ta boite

Au delà de l’aspect “linguistique”, il est essentiel que tu prennes le temps de comprendre comment fonctionne ta société. Toutes les ESN ne se ressemblent pas. Quel est l’ADN de ton entreprise ? Qu’est ce qui la différencie des autres ? Sais-tu en quoi consiste la prestation de service ? Tu saurais expliquer la différence entre de l’Assistance Technique et du Forfait ? Les recrutements se font-ils en CDI, en CDD ? Peux-tu avoir recours à des indépendants (freelance) ? Et les avantages comme le télétravail, les primes, l’accord sur la parentalité, tu sais en parler ? Bref, tu dois absolument t’intéresser aux mécanismes de l’entreprise et à tout son écosystème. Par là, j’entends : les concurrents, les partenaires, les sous-traitants, les clients, les prospects, etc.

Avoir une vision complète et claire de :

  • Ce que propose ta société
  • Comment elle fonctionne
  • Son écosystème
  • Là où tu te situes

C’est primordial parce que ce sont forcément des éléments qui t’aideront à te positionner au sein de l’organisation, à envisager des passerelles / évolutions à un moment donné, mais aussi pour présenter la structure aux candidats que tu vas intégrer à ton processus de recrutement.

C’est très utile, et ce, peu importe la taille de l’ESN. Par exemple, si tu rejoins un grand groupe, ce travail de compréhension te permettra d’avoir une vision globale simplifiée. La maîtriser te fera gagner en crédibilité dans ton discours. En effet, un candidat pourra se sentir intimidé et pas forcément à l’aise à l’idée de rejoindre une société de 100 000 personnes mais si tu sais le rassurer et vulgariser le fonctionnement, il aura davantage confiance. Idem pour une plus petite structure, si tu sais présenter le rôle de chacun et mettre en avant le côté “à taille humaine”, ce sera un un +.

D’ailleurs, du point de vue du recrutement, tu devras également comprendre comment est organisé ton service. Es-tu rattaché à une direction RH ou intégré à l’agence locale ? En règle général, le recrutement obéit à une double hiérarchie (matrice) entre la hiérarchie nominale et opérationnelle. Est-ce que ton N+1 est un recruteur / RH ou est-ce un directeur d’agence ? Quelle est la taille du service ? Comment le recruteur fonctionne-t-il avec le reste des services : RH, paie, formation, assistants, etc. ?

📢 Crois en ce que tu racontes

Tu vas être le 1er ambassadeur de l’entreprise vis à vis des candidats. Il faut non seulement que tu connaisses ton discours, mais aussi que tu crois en ce que tu racontes. L’authenticité est l’une des clés de notre métier 🗝. Tu vas avoir une casquette de recruteur mais aussi de commercial / marketing car tu dois convaincre, avec sincérité, le candidat de choisir ton ESN et pas celle du voisin. Cet exercice n’est pas facile, crois-moi ! Il n’y a qu’à observer les annonces ou les messages d’accroche que les candidats lisent / reçoivent :

Société BLABLA, leader de son marché BLABLA. Intervient dans les métiers de BLABLA, BLABLA et BLABLA. Les meilleurs au service des meilleurs. Présent dans XXXX pays, avec des avantages BLABLA, rejoignez-nous !

Tout est interchangeable. Or, les candidats attendent de vrais éléments de discours, pas simplement des chiffres ou une plaquette corporate sur la boite. Pour ça, le site Internet suffit ! Ils ont besoin de comprendre le WHY de l’entreprise, sa mission, sa vision. Sans oublier qu’ils demandent à ce qu’on leur partage des informations sur un poste, une équipe, un service. Et le plus important, ils veulent se projeter et pas avoir en face d’eux des robots ou un discours bullshit.

Si tu apprends à bien connaître ton ESN, tu en décèleras les forces et les faiblesses. L’objectif n’est pas de cacher les faiblesses mais d’insister sur les éléments positifs, et surtout de ne pas faire de fausses promesses. Avec les réseaux sociaux et les plateformes comme Glassdoor ou Indeed, les candidats ont accès à toutes les informations nécessaires : salaire, ambiance, avantages, etc. Ce qu’ils veulent, c’est de la transparence et de l’authenticité. D’où l’intérêt pour toi d’être aligné avec les valeurs de l’entreprise car tu auras du mal à faire rêver tes candidats si toi-même tu n’y crois pas.

🛏 Investis-toi et préserves-toi

En début de carrière, et surtout dans le recrutement, on va te demander d’être uuuuullllltraaaaaa disponible et flexible. Tôt le matin, entre midi et deux, le soir parce que ce sont les créneaux sur lesquels les candidats sont disponibles pour un appel ou un entretien. Tu auras envie de faire tes preuves (c’est normal et tout à ton honneur), de te dépasser, de performer. C’est d’autant plus vrai que tu vas rentrer dans un système où on va piloter ta performance à travers des reporting (hebdomadaires, semestriels, annuels).

  • Combien de CV sourcés ?
  • De candidats contactés ?
  • Le nombre d’entretiens planifiés ?
  • etc.

La culture du chiffre et des métriques est belle et bien présente en ESN. En début de carrière, suivre ces indicateurs peut te fournir un cadre, un référentiel. Toutefois, veille à ne pas te brûler les ailes en cherchant à faire du chiffre pour faire du chiffre OU à en faire trop. Ce conseil vaut pour ce cas de figure et ta vie professionnelle en général. Si tu donnes trop et qu’un jour tu n’y arrives plus, ton entourage professionnel risque de ne pas comprendre car tu l’aura habitué à toujours faire plus.

Investis-toi, d’accord, mais ne te fais pas broyer par le système.

Si j’ai un conseil à te donner c’est de conserver tant que faire se peut une bonne hygiène de vie (Hey ! c’est la minute santé 🍏). Si tu fais de gros horaires, pense à préserver ton temps de sommeil. Il se peut que tu aies des difficultés à faire retomber la pression, donc le soir ➡️ repas léger, pas d’écran, du calme, pourquoi pas un peu de respiration / méditation et du sommeil, le plus réparateur possible. Même si tu es très investi dans ton job, et que recruteur est un métier qui s’exerce 365 jours / an, garde toi du temps pour ta vie perso et prends le temps de déconnecter et de te mettre en mode slow le soir et les weekend. C’est à ce prix que tu pourras tenir le rythme. Tu es ton propre outil de travail, donc prends soin de toi.

☎️ Le réseau est la clé

Les candidats ne sont pas des kleenex ! Toutes tes actions auront des répercussions, aujourd’hui ou dans 5 ans. Dit comme ça, ça peut sembler étrange. Tu peux te dire que finalement ce n’est pas si grave de ne pas avoir fait un retour d’entretien à M. XXX la semaine dernière. Faux ❌ ! Les bonnes habitudes se construisent dès le début de ta carrière tout comme ton réseau. Peut-être que tu voudras rappeler M. XXX dans 6 mois car finalement son profil correspond à 300% à ton besoin, mais dommage, il se souviendra de toi comme du recruteur qui l’a ghosté quelques mois plus tôt. Tu passeras à côté d’un recrutement. C’est ballot.

Dans réseau, j’entends réseau de :

  • Candidats (ton vivier)
  • Recruteurs (pour l’inspiration et les échanges de bonnes pratiques)
  • Partenaires (l’Apec, PE, les CCI, les écoles / universités, etc.)

Le monde est tout petit, surtout dans le recrutement. Un candidat qui aura apprécié ton contact, ta franchise, ton feedback le dira à son réseau et pourra te recommander du monde car il te fera confiance. Idem pour des partenaires locaux comme l’Apec ou Pôle Emploi. C’est en échangeant avec eux sur les problématiques liées à l’emploi que mutuellement vous essayerez de faire avancer les choses. En maillant le territoire, en ayant des contacts, tu pourras participer à des ateliers, tables rondes, conférences, forums, etc. et avoir une bonne connaissance du tissu économique local. C’est indispensable et à l’heure où LinkedIn est un réseau social incontournable, tu n’as aucune excuse pour ne pas t’y mettre. D’ailleurs, je te conseille de lire cet article qui te donne 5 raisons d’être actif sur LinkedIn en tant que recruteur.

🎁 Au secours, tu ne te sens pas à ta place (conseil bonus)

Malgré tes efforts d’intégration, et ton investissement sur ce 1er poste, tu te rends compte qu’être recruteur OU travailler dans une ESN ne te convient pas. Panique à bord, que faire ? Rester, partir 😱 ? La 1ère chose à faire c’est de définir clairement ce qui cloche : le poste, la boite, les 2 ?

  • Si c’est le métier de recruteur qui te bloque (et c’est tout à fait compréhensible puisque le recrutement, soit on aime ❤️, soit on déteste 💔), il y a d’autres métiers accessibles et en 2020, opérer une reconversion est finalement assez courant. Dans les métiers “passerelle“, tu trouveras les RH généralistes, la formation, le commerce, la paie … Rester dans un job qui ne te plais pas n’est pas une solution car tôt ou tard, tu vas le regretter. Tu risques de te désinvestir, de mal faire ton travail, d’avoir des retombées négatives, une mauvaise image de toi, bref, ça n’est pas une solution.
  • Si c’est l’ESN qui te pose problème (là aussi, c’est tout à fait possible de ne pas adhérer à ce modèle d’entreprise), tu peux proposer tes compétences de recruteur dans une TPE / PME, une startup, une entreprise finale, voire envisager de te lancer comme freelance. Les possibilités sont multiples !

Une fois que tu auras identifié la cause du problème, tu pourras passer à l’action. En tout cas, je ne peux que te conseiller de ne pas rester dans l’immobilisme. Bien sûr, tu peux avoir une baisse de moral, un coup de mou, une mauvaise passe, une semaine plus compliquée qu’une autre. Ces situations sont normales. Par contre, si tu sens vraiment que tu ne t’épanouis pas et que ça dure dans le temps, réfléchis à un plan B. On a toujours le choix, ok ? Ton réseau pourra être d’autant plus utile dans cette phase de repositionnement professionnel 😉.


Dans cet article, je t’ai donné les 5 conseils que j’aurais aimé recevoir en début de carrière en ESN (bon, ok c’est sans doute valable pour tous les jobs et pas qu’en ESN, mais je te parle uniquement de ce que je connais 😅) ⬇️: 

  1. Apprends à parler le même langage
  2. Comprends le fonctionnement de ta boite
  3. Crois en ce que tu racontes
  4. Investis-toi et préserves-toi
  5. Le réseau est la clé

J’espère que cela t’a plus et surtout aidé si tu démarres prochainement sur ce type de poste ou si tu en occupes un depuis peu. Si tu as la moindre question, ou juste envie de papoter, ça sera avec grand plaisir ! Tu peux me solliciter via LinkedIn, je réponds toujours  👍🏻 (parfois, avec un peu de délai, mais je réponds !). 

Cet article t'as plu ?

Dis le avec des 💛

Note moyenne 4.8 / 5. Nombre de votes 38

Pas encore de note, sois le 1er !

.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest

Shares